L’Encre de Phoebé

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Archive pour la catégorie 'Poésie'

Lamartine – La Sagesse

Posté : 7 septembre, 2008 @ 8:23 dans Poésie | Pas de commentaires »

Lamartine est un poète, écrivain, historien et homme politique français, appartenant au mouvement romantique.

C’est un beau texte philosophique. A méditer tranquillement.

 

La Sagesse

 

Ô vous, qui passez comme l’ombre
Par ce triste vallon des pleurs,
Passagers sur ce globe sombre,
Hommes! mes frères en douleurs,
Ecoutez : voici vers Solime
Un son de la harpe sublime
Qui charmait l’écho du Thabor :
Sion en frémit sous sa cendre,
Et le vieux palmier croit entendre
La voix du vieillard de Ségor !

Insensé le mortel qui pense !
Toute pensée est une erreur.
Vivez, et mourez en silence ;
Car la parole est au Seigneur !
Il sait pourquoi flottent les mondes ;
Il sait pourquoi coulent les ondes,
Pourquoi les cieux pendent sur nous,
Pourquoi le jour brille et s’efface,
Pourquoi l’homme soupire et passe :
Et vous, mortels, que savez-vous ?

Asseyez-vous près des fontaines,
Tandis qu’agitant les rameaux,
Du midi les tièdes haleines
Font flotter l’ombre sur les eaux :
Au doux murmure de leurs ondes
Exprimez vos grappes fécondes
Où rougit l’heureuse liqueur ;
Et de main en main sous vos treilles
Passez-vous ces coupes vermeilles
Pleines de l’ivresse du coeur.

Ainsi qu’on choisit une rose
Dans les guirlandes de Sârons,
Choisissez une vierge éclose
Parmi les lis de vos vallons!
Enivrez-vous de son haleine ;
Ecartez ses tresses d’ébène,
Goûtez les fruits de sa beauté.
Vivez, aimez, c’est la sagesse :
Hors le plaisir et la tendresse,
Tout est mensonge et vanité !

Comme un lis penché par la pluie
Courbe ses rameaux éplorés,
Si la main du Seigneur vous plie,
Baissez votre tête, et pleurez.
Une larme à ses pieds versée
Luit plus que la perle enchâssée
Dans son tabernacle immortel ;
Et le coeur blessé qui soupire
Rend un son plus doux que la lyre
Sous les colonnes de l’autel !

Les astres roulent en silence
Sans savoir les routes des cieux ;
Le Jourdain vers l’abîme immense
Poursuit son cours mystérieux ;
L’aquilon, d’une aile rapide,
Sans savoir où l’instinct le guide,
S’élance et court sur vos sillons ;
Les feuilles que l’hiver entasse,
Sans savoir où le vent les chasse,
Volent en pâles tourbillons !

Et vous, pourquoi d’un soin stérile
Empoisonner vos jours bornés ?
Le jour présent vaut mieux que mille
Des siècles qui ne sont pas nés.
Passez, passez, ombres légères,
Allez où sont allés vos pères,
Dormir auprès de vos aïeux.
De ce lit où la mort sommeille,
On dit qu’un jour elle s’éveille
Comme l’aurore dans les cieux !

 

Alphonse de Lamartine (1780-1869)
Nouvelles méditations poétiques

Heredia – La Chasse

Posté : 7 septembre, 2008 @ 6:43 dans Poésie | Pas de commentaires »

 Heredia est un homme de lettre d’origine cubaine, naturalisé français en 1893. Il est l’un des maîtres du mouvement parnassien. Toute son oeuvre poétique se résume en un unique receuil, Les Trophées, retraçant l’histoire du monde.

La Chasse
Le quadrige, au galop de ses étalons blancs,
Monte au faîte du ciel, et les chaudes haleines
Ont fait onduler l’or bariolé des plaines.
La Terre sent la flamme immense ardre ses flancs.

La forêt masse en vain ses feuillages plus lents ;
Le Soleil, à travers les cimes incertaines
Et l’ombre où rit le timbre argentin des fontaines,
Se glisse, darde et luit en jeux étincelants.

C’est l’heure flamboyante où, par la ronce et l’herbe,
Bondissant au milieu des molosses, superbe,
Dans les clameurs de mort, le sang et les abois,

Faisant voler les traits de la corde tendue,
Les cheveux dénoués, haletante, éperdue,
Invincible, Artémis épouvante les bois.

 

 José-Maria de Heredia (1842-1905)Heredia - La Chasse dans Poésie vide
Les Trophées

De Nerval – Artémis

Posté : 6 septembre, 2008 @ 7:21 dans Poésie | Pas de commentaires »

Gérard de Nerval est aussi un poète classique de la langue français. Etrangement, ce poème  aussi un rapport avec Phoebé, devinez. Je vous le donne en cent, je vous le donne en mille ! Et oui. Artémis, déesse de la Lune, est souvent confondue avec Phoebé.

 

Artémis

 

La Treizième revient… C’est encor la première ;
Et c’est toujours la Seule, – ou c’est le seul moment :
Car es-tu Reine, ô Toi! la première ou dernière ?
Es-tu Roi, toi le seul ou le dernier amant ? …

Aimez qui vous aima du berceau dans la bière ;
Celle que j’aimai seul m’aime encor tendrement :
C’est la Mort – ou la Morte… Ô délice ! ô tourment !
La rose qu’elle tient, c’est la Rose trémière.

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au coeur violet, fleur de sainte Gudule,
As-tu trouvé ta Croix dans le désert des cieux ?

Roses blanches, tombez ! vous insultez nos Dieux,
Tombez, fantômes blancs, de votre ciel qui brûle :
- La sainte de l’abîme est plus sainte à mes yeux !

 

Gérard de Nerval (1808-1855)De Nerval - Artémis dans Poésie vide
Les chimères

 

D’Aubigné – Diane, ta coutume est de tout déchirer

Posté : 6 septembre, 2008 @ 2:52 dans Poésie | Pas de commentaires »

 

Théodore Agrippa d’Aubigné fut un poète et écrivain baroque, français et protestant.

Vous vous doutez peut-être pourquoi j’ai choisi ce poème : Diane est le pendant romain de la déesse grecque Artémis, déesse de la Lune avec Phoebé, Hécate et Séléné (et puis c’est mon prénom, Diane, au passage, je vous l’apprends ^^).

 

Diane, ta coutume est de tout déchirer

 

Diane, ta coutume est de tout déchirer,
Enflammer, débriser, ruiner, mettre en pièces,
Entreprises, desseins, espérances, finesses,
Changeant en désespoir ce qui fait espérer.

Tu vois fuir mon heur, mon ardeur empirer,
Tu m’as sevré du lait, du miel de tes caresses,
Tu resondes les coups dont le coeur tu me blesses,
Et n’as autre plaisir qu’à me faire endurer.

Tu fais brûler mes vers lors que je t’idolâtre,
Tu leur fais avoir part à mon plus grand désastre :
 » Va au feu, mon mignon, et non pas à la mort,

Tu es égal à moi, et seras tel par elle « .
Diane repens-toi, pense que tu as tort
Donner la mort à ceux qui te font immortelle.

 

Théodore Aggripa d’Aubigné (1552-1630)D'Aubigné - Diane, ta coutume est de tout déchirer dans Poésie vide
L’Hécatombe à Diane

 

Baudelaire – Tristesse de la Lune

Posté : 6 septembre, 2008 @ 2:26 dans Poésie | Pas de commentaires »

Voici un poème d’un auteur devenu un classique de la poésie français. Si vous ne le connaissez pas ou peu, c’est le moment de le découvrir un peu plus !

 

Tristesses de la Lune

 

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d’une main distraite et légère caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

 

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les fleurs du mal

 

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