L’Encre de Phoebé

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Archive pour la catégorie 'Poésie'

Verlaine – L’Heure du Berger

Posté : 24 septembre, 2008 @ 7:51 dans Poésie | Pas de commentaires »

Paul Marie Verlaine, surnommé « le Prince des Poètes », est un poète français, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896. Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs.

 

L’Heure du Berger

La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson ;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leur spectres incertains ;
Vers les buissons errent les lucioles ;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

 

Paul Verlaine (1844-1896)
Poèmes saturniens

Leconte de Lisle – Le dernier souvenir

Posté : 23 septembre, 2008 @ 6:57 dans Poésie | Pas de commentaires »

Charles Marie René Leconte de Lisle, né le 22 octobre 1818, Saint-Paul dans l’Île Bourbon et mort le 17 juillet 1894 à Voisins, est un poète français.

 

Le dernier souvenir
J’ai vécu, je suis mort. – Les yeux ouverts, je coule
Dans l’incommensurable abîme, sans rien voir,
Lent comme une agonie et lourd comme une foule.

Inerte, blême, au fond d’un lugubre entonnoir
Je descends d’heure en heure et d’année en année,
À travers le Muet, l’Immobile, le Noir.

Je songe, et ne sens plus. L’épreuve est terminée.
Qu’est-ce donc que la vie ? Étais-je jeune ou vieux ?
Soleil ! Amour ! – Rien, rien. Va, chair abandonnée !

Tournoie, enfonce, va ! Le vide est dans tes yeux,
Et l’oubli s’épaissit et t’absorbe à mesure.
Si je rêvais ! Non, non, je suis bien mort. Tant mieux.

Mais ce spectre, ce cri, cette horrible blessure ?
Cela dut m’arriver en des temps très anciens.
Ô nuit ! Nuit du néant, prends-moi ! – La chose est sûre :

Quelqu’un m’a dévoré le coeur. Je me souviens.

 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894)
Poèmes barbares

Prudhomme – Le vase brisé

Posté : 19 septembre, 2008 @ 11:15 dans Poésie | Pas de commentaires »

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901.

 

Le vase brisé

 

Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé ;
Le coup dut effleurer à peine :
Aucun bruit ne l’a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne encore ne s’en doute ;
N’y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu’on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde ;
Il est brisé, n’y touchez pas.

 

René-François Sully Prudhomme (1839-1907)Prudhomme - Le vase brisé dans Poésie vide
Stances et poèmes

Heredia – Soir de Bataille

Posté : 18 septembre, 2008 @ 9:44 dans Poésie | Pas de commentaires »

Heredia est un homme de lettre d’origine cubaine, naturalisé français en 1893. Il est l’un des maîtres du mouvement parnassien. Toute son oeuvre poétique se résume en un unique receuil, Les Trophées, retraçant l’histoire du monde.

 

 

Soir de Bataille

 

Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor dans l’air où vibraient leurs voix fortes
La chaleur du carnage et ses âcres parfums.

D’un oeil morne, comptant leurs compagnons défunts,
Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes,
Au loin, tourbillonner les archers de Phraortes ;
Et la sueur coulait de leurs visages bruns.

C’est alors qu’apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l’airain rutilant,

Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s’effare,
Sur le ciel enflammé, l’Imperator sanglant.

 

José-Maria de Heredia (1842-1905)
Les Trophées

Mallarmé – La chevelure vol

Posté : 17 septembre, 2008 @ 10:07 dans Poésie | Pas de commentaires »

Étienne Mallarmé, dit Stéphane Mallarmé, né à Paris le 18 mars 1842 et mort à Valvins le 9 septembre 1898, est un poète français. Auteur d’une œuvre poétique ambitieuse et difficile, Stéphane Mallarmé a été l’initiateur, dans la seconde moitié du XIXe siècle, d’un renouveau de la poésie.

 

La chevelure vol

 

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême
Occident de désirs pour la tout éployer
Se pose (je dirais mourir un diadème)
Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vive nue
L’ignition du feu toujours intérieur
Originellement la seule continue
Dans le joyau de l’oeil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame
Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt
Rien qu’à simplifier avec gloire la femme
Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

De semer de rubis le doute qu’elle écorche
Ainsi qu’une joyeuse et tutélaire torche

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898)

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