L’Encre de Phoebé

Un blog littéraire parmi d’autres

Archive pour septembre, 2008

Aragon – La Rose et le Réséda

Posté : 9 septembre, 2008 @ 8:19 dans Poésie | Pas de commentaires »

Louis Aragon est un écrivain français, surtout poète et romancier, membre du parti communiste. Son œuvre poétique est mise au service de la mobilisation patriotique.

Le poème suivant est dans ce thème : écrit sous l’occupation, il a été beaucoup recopié et imprimé clandestinement pour soutenir la résistance sous l’Occupation allemande.

 

La Rose

 

 

La Rose et le Réséda

 

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda

 

 

Le Réséda

 

 

Louis Aragon (1897-1982)
La Diane Française

Goncourt – 15 romans sélectionnés

Posté : 9 septembre, 2008 @ 7:37 dans Actualité littéraire | Pas de commentaires »

09/09/08

Le prix Goncourt : c’est un prix littéraire français qui récompense un auteur de langue française (pas forcément de nationalité française) chaque année. Il fut crée à la suite du testament d’Edmond de Goncourt, en 1896. La Société Littéraire des Goncourt est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt sera décerné le 21 Décembre 1903.

L‘Académie Goncourt a publié, mardi 9 septembre, la première sélection en vue de son prix qui doit être attribué le 10 novembre. Sur les quinze ouvrages sélectionnés, un seul est un premier roman : Une éducation libertine, de Jean-Baptiste Del Amo, déjà couronné par le prix Laurent-Bonelli/Lire/Virgin Megastore le 3 septembre.

Les livres sélectionnés sont :

- Une éducation libertine, de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard)

- Le Silence de Mahomet, de Salim Bachi (Gallimard)

- Le Rêve de Machiavel, de Christophe Bataille (Grasset)

- C’était notre terre, de Matthieu Bellezi (Albin Michel)

- Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès (éd. Zulma)

- Un brillant avenir, de Catherine Cusset (Gallimard)

- Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier (Stock)

- Qui touche à mon corps je le tue, de Valentine Goby (Gallimard)

- Une nuit à Pompéi, d’Alain Jaubert (Gallimard)

- La Beauté du monde, de Michel Le Bris (Grasset)

- Jour de souffrance, de Catherine Millet (Flammarion)

- La Traversée du Mozambique par temps calme, de Patrick Pluyette (Seuil)

- Syngué Sabour, d’Atiq Rahimi (POL)

- Un chasseur de lions, d’Olivier Rolin (Seuil)

- La Domination, de Karine Tuil (Grasset)

 

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Banville – Nous n’irons plus au bois

Posté : 8 septembre, 2008 @ 5:53 dans Poésie | Pas de commentaires »

Banville fut un poète français, et un des chefs de file de l’école parnassienne.

 

Nous n’irons plus au bois

 

Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés.
Les Amours des bassins, les Naïades en groupe
Voient reluire au soleil en cristaux découpés
Les flots silencieux qui coulaient de leur coupe.
Les lauriers sont coupés, et le cerf aux abois
Tressaille au son du cor; nous n’irons plus au bois,
Où des enfants charmants riait la folle troupe
Sous les regards des lys aux pleurs du ciel trempés,
Voici l’herbe qu’on fauche et les lauriers qu’on coupe.
Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés.

 

Théodore de Banville (1823-1891)
Les stalactites

Le Goffic – Une aube de douceur s’éveille sur la lande

Posté : 8 septembre, 2008 @ 5:20 dans Poésie | Pas de commentaires »

J’aime moi-même beaucoup la Bretagne. Le Goffic lui a consacré toute son oeuvre. C’est un magnifique pays, que je vous invite à découvrir …

 

Une aube de douceur s’éveille sur la lande

 

Une aube de douceur s’éveille sur la lande :
Le printemps de Bretagne a fleuri les talus.
Les cloches de Ker-Is l’ont dit jusqu’en Islande
Aux pâles  » En Allés  » qui ne reviendront plus.

Noirs aussi qui vivons et qui mourons loin d’elle,
Loin de la douce fée aux cheveux de genêt,
Que notre cour au moins lui demeure fidèle,
Renaissons avec elle à l’heure où tout renaît.

Ô printemps de Bretagne, enchantement du monde !
Sourire virginal de la terre et des eaux !
C’est comme un miel épars dans la lumière blonde :
Viviane éveillée a repris ses fuseaux.

 

Charles Le Goffic (1863-1932)

Lamartine – La Sagesse

Posté : 7 septembre, 2008 @ 8:23 dans Poésie | Pas de commentaires »

Lamartine est un poète, écrivain, historien et homme politique français, appartenant au mouvement romantique.

C’est un beau texte philosophique. A méditer tranquillement.

 

La Sagesse

 

Ô vous, qui passez comme l’ombre
Par ce triste vallon des pleurs,
Passagers sur ce globe sombre,
Hommes! mes frères en douleurs,
Ecoutez : voici vers Solime
Un son de la harpe sublime
Qui charmait l’écho du Thabor :
Sion en frémit sous sa cendre,
Et le vieux palmier croit entendre
La voix du vieillard de Ségor !

Insensé le mortel qui pense !
Toute pensée est une erreur.
Vivez, et mourez en silence ;
Car la parole est au Seigneur !
Il sait pourquoi flottent les mondes ;
Il sait pourquoi coulent les ondes,
Pourquoi les cieux pendent sur nous,
Pourquoi le jour brille et s’efface,
Pourquoi l’homme soupire et passe :
Et vous, mortels, que savez-vous ?

Asseyez-vous près des fontaines,
Tandis qu’agitant les rameaux,
Du midi les tièdes haleines
Font flotter l’ombre sur les eaux :
Au doux murmure de leurs ondes
Exprimez vos grappes fécondes
Où rougit l’heureuse liqueur ;
Et de main en main sous vos treilles
Passez-vous ces coupes vermeilles
Pleines de l’ivresse du coeur.

Ainsi qu’on choisit une rose
Dans les guirlandes de Sârons,
Choisissez une vierge éclose
Parmi les lis de vos vallons!
Enivrez-vous de son haleine ;
Ecartez ses tresses d’ébène,
Goûtez les fruits de sa beauté.
Vivez, aimez, c’est la sagesse :
Hors le plaisir et la tendresse,
Tout est mensonge et vanité !

Comme un lis penché par la pluie
Courbe ses rameaux éplorés,
Si la main du Seigneur vous plie,
Baissez votre tête, et pleurez.
Une larme à ses pieds versée
Luit plus que la perle enchâssée
Dans son tabernacle immortel ;
Et le coeur blessé qui soupire
Rend un son plus doux que la lyre
Sous les colonnes de l’autel !

Les astres roulent en silence
Sans savoir les routes des cieux ;
Le Jourdain vers l’abîme immense
Poursuit son cours mystérieux ;
L’aquilon, d’une aile rapide,
Sans savoir où l’instinct le guide,
S’élance et court sur vos sillons ;
Les feuilles que l’hiver entasse,
Sans savoir où le vent les chasse,
Volent en pâles tourbillons !

Et vous, pourquoi d’un soin stérile
Empoisonner vos jours bornés ?
Le jour présent vaut mieux que mille
Des siècles qui ne sont pas nés.
Passez, passez, ombres légères,
Allez où sont allés vos pères,
Dormir auprès de vos aïeux.
De ce lit où la mort sommeille,
On dit qu’un jour elle s’éveille
Comme l’aurore dans les cieux !

 

Alphonse de Lamartine (1780-1869)
Nouvelles méditations poétiques

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