L’Encre de Phoebé

Un blog littéraire parmi d’autres

Archive pour septembre, 2008

D’Aubigné – Soupirs épars, sanglots en l’air perdus

Posté : 12 septembre, 2008 @ 8:03 dans Poésie | Pas de commentaires »

Théodore Agrippa d’Aubigné fut un poète et écrivain baroque, français et protestant.

 

Soupirs épars, sanglots en l’air perdus

 

Soupirs épars, sanglots en l’air perdus,
Témoins piteux des douleurs de ma gêne,
Regrets tranchants avortés de ma peine,
Et vous, mes yeux, en mes larmes fondus,

Désirs tremblants, mes pensers éperdus,
Plaisirs trompés d’une espérance vaine,
Tous les tressauts qu’à ma mort inhumaine
Mes sens lassés à la fin ont rendus,

Cieux qui sonnez après moi mes complaintes,
Mille langueurs de mille morts éteintes,
Faites
sentir à Diane le tort

Qu’elle me tient, de son heur ennemie,
Quand elle cherche en ma perte sa vie
Et que je trouve en sa beauté la mort !

 

Théodore Agrippa d’Aubigné (1552-1630)D'Aubigné - Soupirs épars, sanglots en l'air perdus dans Poésie vide
L’Hécatombe à Diane

Caspar David Friedrich

Posté : 12 septembre, 2008 @ 5:40 dans Peintures | Pas de commentaires »

 Caspard David Friedrich

(1774-1840)

 

Friedrich est un de mes peintres préférés. Allemand, il est un des chefs de file de la peinture romantique du XIXe siècle.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

 

L’Abbaye dans la Forêt

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Chêne sous la neige

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Vue D’Akora au lever de Lune

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L’Arbre aux Corbeaux

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Femme à l’Aube
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L’Arbre solitaire

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Le Cimetiere du Cloître dans le Neige

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Le Naufrage de l’Espérance

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Paysage Nordique

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Et sûrement le plus célèbre …

Le voyageur au-dessus de la mer de nuages

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Prévert – Barbara

Posté : 11 septembre, 2008 @ 7:35 dans Poésie | Pas de commentaires »

Prévert est un grand poète populaire français, très célèbre grâce à son vocabulaire familier et ses jeux de mots.

 

Barbara
 

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien

 

Jacques Prévert (1900-1977)
Paroles

Aragon – Ballade de celui qui chanta dans les Supplices

Posté : 11 septembre, 2008 @ 7:09 dans Poésie | Pas de commentaires »

Louis Aragon est un écrivain français, surtout poète et romancier, membre du parti communiste. Son œuvre poétique est mise au service de la mobilisation patriotique.

Le 14 juillet 1943, Aragon publie la Ballade de celui qui chanta sous les supplices, en hommage aux résistants fusillés.  L’honneur des poètes (Éditions de minuit) rassemble divers textes d’Aragon, de Desnos, d’Éluard…

 

Ballade de celui qui chanta dans les Supplices

 

Et s’il était à refaire
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains

On dit que dans sa cellule
Deux hommes cette nuit-là
Lui murmuraient Capitule
De cette vie es-tu las

Tu peux vivre tu peux vivre
Tu peux vivre comme nous
Dis le mot qui te délivre
Et tu peux vivre à genoux

Et s’il était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains

Rien qu’un mot la porte cède
S’ouvre et tu sors Rien qu’un mot
Le bourreau se dépossède
Sésame Finis tes maux

Rien qu’un mot rien qu’un mensonge
Pour transformer ton destin
Songe songe songe songe
A la douceur des matins

Et si c’était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain

J’ai tout dit ce qu’on peut dire
L’exemple du Roi Henri
Un cheval pour mon empire
Une messe pour Paris

Rien à faire Alors qu’ils partent
Sur lui retombe son sang
C’était son unique carte
Périsse cet innocent

Et si c’était à refaire
Referait-il ce chemin
La voix qui monte des fers
Dit je le ferai demain

Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
O mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce fut

Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en allemand
L’un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement

Et si c’était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains

Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglant est levé
D’une seconde rafale
Il a fallu l’achever

Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l’humanité

 

Louis Aragon (1897-1982)
L’honneur des poètes

Desbordes-Valmore – L’esclave et l’oiseau

Posté : 10 septembre, 2008 @ 8:26 dans Poésie | Pas de commentaires »

Marceline Desbordes-Valmore, qui fit aussi une carrière d’actrice, est une poétesse française de l’époque romantique.

 

L’esclave et l’oiseau

 

Ouvre ton aile au vent, mon beau ramier sauvage,
Laisse à mes doigts brisés ton anneau d’esclavage !
Tu n’as que trop pleuré ton élément, l’amour ;
Sois heureux comme lui : sauve-toi sans retour !

Que tu montes la nue, ou que tu rases l’onde,
Souviens-toi de l’esclave en traversant le monde :
L’esclave t’affranchit pour te rendre à l’amour ;
Quitte-moi comme lui : sauve-toi sans retour !

Va retrouver dans l’air la volupté de vivre !
Va boire les baisers de Dieu, qui te délivre !
Ruisselant de soleil et plongé dans l’amour,
Va-t-en ! Va-t-en ! Va-t-en ! Sauve-toi sans retour !

Moi, je garde l’anneau ; je suis l’oiseau sans ailes.
Les tiennes vont aux cieux ; mon âme est devant elles.
Va ! Je les sentirai frissonner dans l’amour !
Mon ramier, sois béni ! Sauve-toi sans retour !

Va demander pardon pour les faiseurs de chaînes ;
En fuyant les bourreaux, laisse tomber les haines.
Va plus haut que la mort, emporté dans l’amour ;
Sois clément comme lui… sauve-toi sans retour !

 

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
Poésies inédites

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