L’Encre de Phoebé

Un blog littéraire parmi d’autres

Archive pour septembre, 2008

Nuit Blanche à Paris

Posté : 29 septembre, 2008 @ 9:20 dans Actualité littéraire | Pas de commentaires »

Nuit Blanche

A Paris

Du 4 au 5 Octobre 2008

 

 

Dès sa première édition en 2002, Nuit Blanche, plébiscitée par un public infatigable et curieux, remporte un immense succès. Depuis, le modèle parisien ne cesse de faire école, en Europe et aux quatre coins du globe, de Madrid à Gaza, de Bruxelles à Miami.

Gratuite et ouverte à tous, cette 7e Nuit Blanche se veut sans sommeil mais certainement pas sans rêves, offrant aux regards émerveillés des noctambules un Paris revisité. Des lieux les plus quotidiens aux monuments qui font la réputation de la capitale, Paris s’illumine des féeries les plus inattendues d’artistes et de créateurs de toutes disciplines.

Cette année, la programmation artistique confiée à Hervé Chandès et Ronald Chammah, propose un parcours centré autour des grandes gares SNCF parisiennes qui, chaque jour, irriguent la capitale d’un flot incessant de passagers. Essentielles et emblématiques, les gares sont des lieux de brassage et d’activité permanente où l’on passe, le plus souvent pressé, sans prêter attention ni à l’environnement, ni à l’architecture, souvent classée. Cinq grandes gares parisiennes forment cette année les points phares de Nuit Blanche 2008. Des artistes comme l’américain Tony Oursler (Gare du Nord), le français Pierrick Sorin (Gare de l’Est) ou l’indien Shaad Ali (Gare de Lyon) peuplent les halls, les façades et les quais de leurs sortilèges, invitant chacun d’entre nous à poser un autre regard sur notre quotidien urbain. Comprenant en outre plusieurs églises et monuments, avec les interventions remarquées de Patti Smith à l’église Saint-Germain-des-Prés ou de Gu Dexin à la Tour Saint-Jacques, le parcours se veut cette année volontairement resserré pour éviter la dissémination au profit de l’impact d’oeuvres de grande qualité.

Avec l’ensemble foisonnant des projets associés (Christian Boltanski au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme et à la maison rouge– fondation antoine de galbert ; Otto Piene Place de Catalogne dans le cadre de la saison France – Nordrhein–Westfalen ; la Nuit de l’Europe dans les jardins de Bercy dans le cadre de la Saison culturelle européenne), ce sont au total plus de soixante-dix interventions artistiques qui métamorphosent le temps d’une nuit toute la capitale. Arts plastiques, installations, projections, concerts, danse, lectures, spectacles vivants ou interventions poétiques et musicales : la liberté, l’humour, la réflexion ou la dérision s’expriment au fil de créations qui, même éphémères, viennent se graver dans la mémoire d’un public émerveillé et surpris par Nuit Blanche 2008.

 

 

Du samedi 4 octobre à 19h au dimanche 5 octobre à 7h

 

Le Plan

Verlaine – L’Heure du Berger

Posté : 24 septembre, 2008 @ 7:51 dans Poésie | Pas de commentaires »

Paul Marie Verlaine, surnommé « le Prince des Poètes », est un poète français, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896. Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs.

 

L’Heure du Berger

La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson ;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leur spectres incertains ;
Vers les buissons errent les lucioles ;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

 

Paul Verlaine (1844-1896)
Poèmes saturniens

Leconte de Lisle – Le dernier souvenir

Posté : 23 septembre, 2008 @ 6:57 dans Poésie | Pas de commentaires »

Charles Marie René Leconte de Lisle, né le 22 octobre 1818, Saint-Paul dans l’Île Bourbon et mort le 17 juillet 1894 à Voisins, est un poète français.

 

Le dernier souvenir
J’ai vécu, je suis mort. – Les yeux ouverts, je coule
Dans l’incommensurable abîme, sans rien voir,
Lent comme une agonie et lourd comme une foule.

Inerte, blême, au fond d’un lugubre entonnoir
Je descends d’heure en heure et d’année en année,
À travers le Muet, l’Immobile, le Noir.

Je songe, et ne sens plus. L’épreuve est terminée.
Qu’est-ce donc que la vie ? Étais-je jeune ou vieux ?
Soleil ! Amour ! – Rien, rien. Va, chair abandonnée !

Tournoie, enfonce, va ! Le vide est dans tes yeux,
Et l’oubli s’épaissit et t’absorbe à mesure.
Si je rêvais ! Non, non, je suis bien mort. Tant mieux.

Mais ce spectre, ce cri, cette horrible blessure ?
Cela dut m’arriver en des temps très anciens.
Ô nuit ! Nuit du néant, prends-moi ! – La chose est sûre :

Quelqu’un m’a dévoré le coeur. Je me souviens.

 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894)
Poèmes barbares

Prudhomme – Le vase brisé

Posté : 19 septembre, 2008 @ 11:15 dans Poésie | Pas de commentaires »

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901.

 

Le vase brisé

 

Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé ;
Le coup dut effleurer à peine :
Aucun bruit ne l’a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne encore ne s’en doute ;
N’y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu’on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde ;
Il est brisé, n’y touchez pas.

 

René-François Sully Prudhomme (1839-1907)Prudhomme - Le vase brisé dans Poésie vide
Stances et poèmes

Heredia – Soir de Bataille

Posté : 18 septembre, 2008 @ 9:44 dans Poésie | Pas de commentaires »

Heredia est un homme de lettre d’origine cubaine, naturalisé français en 1893. Il est l’un des maîtres du mouvement parnassien. Toute son oeuvre poétique se résume en un unique receuil, Les Trophées, retraçant l’histoire du monde.

 

 

Soir de Bataille

 

Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor dans l’air où vibraient leurs voix fortes
La chaleur du carnage et ses âcres parfums.

D’un oeil morne, comptant leurs compagnons défunts,
Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes,
Au loin, tourbillonner les archers de Phraortes ;
Et la sueur coulait de leurs visages bruns.

C’est alors qu’apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l’airain rutilant,

Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s’effare,
Sur le ciel enflammé, l’Imperator sanglant.

 

José-Maria de Heredia (1842-1905)
Les Trophées

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